Nature et Patrimoine de Moissat

Les articles de Maurice Jaffeux

Maurice Jaffeux et son complice Jean Debeuf nous parlent de Moissat et de son passé.


Personnages marquants de Moissat

GILBERT ET ALEXANDRE GRIMAUD PERE ET FILS

 

Gilbert GRIMAUD et son fils Alexandre ont marqué entre 1842 et 1949 l’histoire de Moissat. Voici ce que les actes d’Etat civil de Moissat, les recensements et les délibérations du conseil municipal de cette commune nous apprennent sur leur vie.

 

1-LES DATES PRINCIPALES DE LA VIE PRIVEE DE GILBERT GRIMAUD

Gilbert GRIMAUD nait le 27 décembre 1823 à St Genès-du-Retz, près d’Aigueperse au nord du département du Puy-de-Dôme, fils d’autre Gilbert GRIMAUD et de Marie COMBANNAIRE. Dans l’acte de naissance le père est déclaré propriétaire. Il sait signer, d’ailleurs avec une signature très alerte qui révèle un bon niveau d’instruction.

Les raisons et péripéties de sa venue à Moissat en 1842 ne sont pas connues. Le 9 janvier 1849 il se marie à Moissat avec Marie CODEIGNAT une moissadaire de 24 ans, fille de Benoît CODEIGNAT et de Marie NUGEYRE.

Le 19 janvier 1850 Marie CODEIGNAT met au monde le premier enfant du couple prénommé Gabrielle. Le 26 juin 1852 nait Alexandre leur deuxième enfant. Le 19 janvier 1857, soit le jour du 7ème anniversaire de Gabrielle, ils ont malheureusement un garçon mort-né.

Au recensement de 1872 Gilbert GRIMAUD, 48 ans, vit avec sa femme et son fils Alexandre qui a 20 ans. L’ainée Gabrielle, âgée de 22 ans, a quitté le domicile familial. Au recensement suivant de 1876 Alexandre est parti à son tour. Les parents ne sont plus que tous les deux.

Le 12 juin 1890 un événement grave survient dans la vie de Gilbert GRIMAUD : le décès de sa femme Marie CODEIGNAT à l’âge de 66 ans. Il meurt lui-même le 25 novembre 1907 à Moissat-Haut, à l’âge de 84 ans.

 

2- GILBERT GRIMAUD ET SES DIFFERENTS ETATS

La première délibération du conseil municipal le citant est datée du 10 novembre 1842 dans laquelle il est écrit textuellement : « Monsieur le président ( le maire) a exposé que la commune de Moissat se trouvait privée de l’instruction primaire, faute de pouvoir se procurer un local propre à cette utilisation, que néanmoins il était urgent et même nécessaire de ne pas laisser plus longtemps une commune aussi peuplée (elle a environ 1800 habitants) au nombre de celles qui n’ont pas d’instituteur, qu’en conséquence il venait de soumettre une demande qui lui était adressée par le sieur GRIMAUD Gilbert qui désire remplir ces fonctions à Moissat, attendu que cet instituteur s’était procuré un local très convenablement situé sur l’allée de Bellevue et qui se compose d’un cuvage au rez-de-chaussée, une salle d’étude propre à recevoir 60 à 80 élèves, une cuisine, une chambre à coucher et un grenier ». Le conseil accepte, bien que l’un des membres « le sieur BLATEYRON le trouve un peu jeune ». En effet il n’a pas encore 19 ans. L’installation officielle est datée du 25 juin 1843. On remarque ici que la nomination de l’instituteur ne dépend que de la mairie. Elle ne semble pas découler d’une instance nationale comme aujourd’hui.

Au recensement de 1846, puis lors de son mariage en 1849 et lorsque ses deux premiers enfants naissent en 1850 et 1852 il est déclaré instituteur. Par contre en 1857 quand survient son bébé mort-né il est déclaré propriétaire. C’est donc qu’il a abandonné le métier d’instituteur avant l’âge de 34 ans.

Au recensement de 1861, alors qu’il a 38 ans, il est géomètre.

Au recensement de 1866, à 42 ans, il est notaire et le restera au moins jusqu’à 1891. En 1886 Gilbert GRIMAUD a 63 ans. Il prépare sa succession puisque son neveu Pierre François Joseph LAVADOUX, 21 ans, qui est son clerc de notaire, vit apparemment avec le couple.

Au recensement de 1896, à 73 ans, Gilbert GRIMAUD est déclaré notaire honoraire. Il a donc cédé son étude à son neveu Joseph LAVADOUX qui a désormais le titre de notaire. Au recensement de 1901 Gilbert GRIMAUD qui a 77 ans est déclaré rentier et en 1906, alors qu’il a 83 ans, propriétaire. Il meurt l’année suivante, comme il est écrit au paragraphe ci-dessus.

 

3- GILBERT GRIMAUD MAIRE DE MOISSAT

Le 1er octobre 1865 il est nommé par le pouvoir en place (Le 2nd Empire) maire de Moissat. Il assume cette charge jusqu’au 25 octobre 1870, date à laquelle un représentant du pouvoir nomme Achille de LAVAL à sa place.

Le 14 mai 1871 Gilbert GRIMAUD redevient maire. Cette fois-ci, après l’avènement de la 3ème République, il est élu par les conseillers, eux-mêmes élus par les Moissadaires les plus riches. Son mandat court jusqu’en fin 1877. Le 25 janvier 1878 Achille de LAVAL lui ravit à nouveau le titre de maire. L’élection est serrée : 6 voix pour de LAVAL contre 5 à Gilbert GRIMAUD.

Le 30 janvier 1881 Gilbert GRIMAUD est de nouveau élu maire. Il le reste jusqu’à sa mort le 25 novembre 1907, après une agonie d’environs un an. C’est son adjoint, Joseph BOST qui signe les actes d’Etat civil à partir d’octobre 1906 « en l’absence du maire ». Cette fois il exerce près de 27 ans d’affilé. Avec les deux précédentes périodes il totalise 37 années à la tête de la commune de Moissat, ce qui est remarquable. Aucun autre maire n’a exercé aussi longtemps, avant et après lui.

Pendant ces 3 périodes Gilbert GRIMAUD et son conseil municipal ont émis l’idée de construire la mairie-école et, malgré quelques vicissitudes, ont assuré sa réalisation. C’est aussi pendant cette période qu’on a acheté la première pompe à incendie en prélude à la création de la compagnie des sapeurs-pompiers.

A partir de 1892 le conseil municipal mené par Gilbert GRIMAUD a fait les démarches nécessaires pour installer la poste. La concrétisation s’est faite en 1901. D’autres projets ont vu le jour également sous l’autorité du même maire :

- la construction de la halte de Seychalles-Moissat avec son quai d’embarquement,

- des travaux pour améliorer de débit de la fontaine de Moissat-Haut dite « du mougni » ou « de chez Chatard » avec adjonction d’un lavoir,

- le classement comme Monument Historique de la châsse de Moissat-Bas en 1896,

- les premières démarches pour faire monter l’eau de Charliat à Moissat-Haut,

- l’idée de construire le pont de la Planche, etc.

 

4- LEGS D’ALEXANDRE GRIMAUD A LA COMMUNE DE MOISSAT

 

Nous avons vu que Gilbert GRIMAUD meurt le le 25 novembre 1907 alors qu’il est maire de la commune. Son fils Alexandre lui succède à la suite des élections du 17 mai 1908. Malheureusement il ne reste guère plus de deux ans en poste puisqu’il meurt le 3 octobre 1910 à Clermont à l’âge de 58 ans. C’est un mandat bien trop court pour marquer l’histoire de Moissat. Cependant Alexandre GRIMAUD reste dans la mémoire de la commune par son testament dans lequel il fait un legs important à Moissat. Les délibérations suivantes sont très explicites.

Le 10 mars 1935 le maire fait part « d’une lettre de Mme GRIMAUD qui demande à s’acquitter de la donation faite par son mari à la commune de Moissat de la somme de 30 000f par cession de la maison et jardin d’agrément qu’elle possède à Moissat-Haut avec paiement en numéraire de la différence entre la valeur estimative dudit immeuble et la somme de 30 000f ».

« Le maire demande au conseil son appréciation à ce sujet et les considérations qui militent pour ou contre cette proposition. Le conseil, considérant que la commune est plutôt encombrée de bâtiments, et que celui qu’on lui propose ne pourrait être affecté à aucun service, que les réparations constitueraient une charge nouvelle, remercie Mme GRIMAUD de son offre, mais ne peut l’accepter ».

La réponse du maire est polie et ferme. L’affaire aurait pu se terminer là. On n’a plus de nouveaux éléments pendant près de 13 années. Elle ressurgit en 1948.

Le 11 janvier 1948 le maire, s’étant ravisé, expose « qu’en vertu de l’extrait du testament de Mr Alexandre GRIMAUD, ancien maire de Moissat, décédé à Clermont-Ferrand le 10 octobre 1910 (en réalité le 3 octobre), donne et lègue à la commune de Moissat la somme de 30 000f quitte de tout frais et droits de mutations après le décès de sa femme (née Marie Louise CHAUTIN) à Bandol le 22 février 1943. Ce legs sera payable aussitôt après l’accomplissement des formalités qui entrainera son allégation, avec intérêt à 4% du jour de son décès. Le testament est déposé à l’étude de Me SOLIGNAT notaire à Clermont-Fd. L’héritière de Mme GRIMAUD est Mme COZE (sa fille) villa des mouettes à Bandol (Var) ».

Le 22 février 1948 à la suite d’une lettre de Mr COZE, le conseil donne un délai pour lui permettre de se libérer du legs envisagé.

Le 29 mai 1948, une nouvelle délibération nous apprend que Mr COZE, dans sa lettre du 17 février 1948, « s’engage à payer capital et intérêts dans le courant de l’année et ajoute que les intérêts courront jusqu’au jour du règlement ». Et Il précise : « Nous nous ferons un devoir d’accomplir ce legs le plus rapidement possible ».

Le 28 août 1949 : la mairie reçoit un chèque de 76 700f (capital 30 000f plus intérêts de 4% pendant 38 ans et 11 mois, soit 46 700f). Les intérêts dépassent largement le capital !

Le maire décide qu’« une gerbe de fleurs sera déposée sur la tombe de Mr GRIMAUD. Et qu’« une lettre de remerciement sera adressée, au nom du conseil à Mme et Mr COZE à Bandol ».

Le 22 décembre 1949 « le produit du legs sera utilisé en 1950 pour les réparations urgentes à l’école mixte de Moissat-Bas (plancher et badigeonnage de la classe) ». Initialement il devait servir pour l’adduction d’eau, à partir de 1951, mais le texte est barré. On a trouvé un besoin plus immédiat d’utiliser cet argent.

 

Gilbert et Alexandre GRIMAUD ont donc marqué fortement l’histoire de Moissat.

M J

 


12/04/2019
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Création de la compagnie des sapeurs pompiers en 1871

LES POMPIERS DE MOISSAT A LA CREATION DE LA COMPAGNIE EN 1871

 

Dans la délibération du conseil municipal du 13 août 1871 est écrite la liste suivante des membres de la compagnie des sapeurs-pompiers de Moissat, nouvellement constituée. On pourrait croire que cet évènement découle de l’instauration récente de la 3ème République. Cependant cette création devait se préparer depuis quelques années, sous le 2nd Empire. En effet on décide d’acheter une pompe à incendie le 14 juillet 1867. Elle arrive à Moissat au cours de l’année 1870.

Voici donc la liste des premiers moissadaires sapeurs-pompiers (en caractères gras, les éléments tels qu’ils sont écrits dans la délibération, en caractères maigres les compléments qu’on peut apporter sur chacun des membres). Des habitants actuels de cette commune vont peut-être trouver certains de leurs ancêtres.

 

1- BARDY Pierre, fils de Pierre et DELORME Anne, âgé de 24 ans, mobile au 32e de marche. Il naît le 13 février 1848, se marie le 22 janvier 1880 avec LAGEYRE Jeanne, meurt le 12 novembre 1908. Il était menuisier. C’est un grand oncle à BARDY Pierre qui était secrétaire de mairie à partir de 1944.

2- BELIME Jean, fils de Simon et MARCHADIER Marie, âgé de 30 ans, ancien mobilisé. Il naît le 23 janvier 1841, se marie le 25 avril 1871 avec BLATEYRON Jeanne et meurt le 28 août 1908.

3- BORDEL Antoine, fils de Jacques et THIERS Anne, âgé de 29 ans, ancien soldat du 20e de ligne. Il naît le 28 novembre 1842, se marie le 5 février 1872 avec DELAIRE Marie et meurt le 6 novembre 1925, à près de 83 ans.

4- BOST Aventin, fils de feu Joseph et COUTAREL Marie, âgé de 35 ans, ancien clairon au 3e voltigeurs. Il naît le 21 novembre 1836, se marie le 5 août 1863 avec GARDETTE Antoinette et meurt le 21 décembre 1890. Il était cantonnier et cabaretier.

5- CHALARD Jean, fils de Barthelemy et de BLATEYRON Anne, âgé de 35 ans, ancien soldat du 59e de ligne. Il naît le 10 décembre 1836, se marie le 28 novembre 1872 avec HUGUET Anne de Ravel. On ne lui trouve pas de descendance, ni à Moissat, ni à Ravel.

6- COUTAREL Antoine, fils de feu Mathieu et SOLON Françoise, âgé de 30 ans, ancien soldat du 19e de ligne. Il naît le 7 juin 1841, se marie le 28 novembre 1873 avec MADEORE Marguerite et meurt le 18 avril 1893. Il était aubergiste et cultivateur.

7- COUTAREL Joseph, fils d’Aventin et BOST Jeanne, âgé de 31 ans, ancien soldat de la réserve. Il naît le 4 avril 1840, se marie le 27 avril 1867 avec PINET Louise, et meurt le 20 juillet 1885.

8- DALBIGNAT Jean, fils de feu Antoine et REIGNAT Marguerite, âgé de 25 ans, mobile au 32e de marche. Il naît le 21 janvier 1847, se marie à une date inconnue avec FOULET Marie et meurt le 5 septembre 1881.

9- DALBIGNAT Jean, fils de feu Jean et SAURIAT Marie, âgé de 33 ans, ancien soldat du 70e de ligne. Il naît le 1er février 1838 et meurt le 28 novembre 1911, célibataire.

10- DECOMBAT Jacques, âgé de 34 ans, ancien soldat du 69e de ligne, fils de DECOMBAT François et BERARD Marie. Il naît le 28 avril 1837, se marie le 10 novembre 1867 avec REIGNAT Marguerite et meurt le 8 mars 1915. Il était tisserand.

11- DELAIRE Paul, fils de Jacques et ROMEUF Antoinette, âgé de 24 ans, garde mobile au 13e de marche. Il naît le 25 juillet 1848, se marie avec MEGEMOND Françoise et meurt le 2 février 1917. Il était cantonnier et aubergiste. Il était le beau-père de JACQUET Pierre, ancien garde champêtre.

12- DEMONNE François, fils de Jean et VERDIER Anne, âgé de 25 ans, mobile au 32e de marche. Il naît le 16 février 1847, se marie le 13 février 1876 avec DELAIRE Jeanne et meurt le 29 août 1926.

13- DENIS François, fils de Jean et RAYNAUD Blaize, âgé de 27 ans, ancien soldat du 18e bataillon de marche à pieds. Il naît le 31 août 1844, se marie le 12 janvier 1873 avec ROMEUF Marie et meurt le 6 mars 1900.

14- DEPLAT Antoine, fils de feu Antoine et DELORME Marie, âgé de 32 ans, ancien tambour au 3e génie. Il naît le 22 avril 1838 à Ravel, se marie le 4 décembre 1867 avec CAILLET Anne et meurt le 30 mai 1914. Il était aubergiste et receveur buraliste. Son fils, aussi receveur buraliste, était surnommé « Cailletoux ».

15- DUPIC Pierre, fils de feu Joseph et MIODET Marie, âgé de 31 ans, ancien soldat du 40e de ligne. Il naît le 22 avril 1840 et meurt le 7 mai 1882, célibataire. C’était l’oncle de DUPIC Sébastien qui fut assassiné en 1954.

16- GARDETTE Hugues, charron, âgé de 32 ans, fils de Jean et JARRIGE Gilberte. Il naît le 26 janvier 1839, se marie le 20 mai 1862 avec ASPERT Marie, puis devenu veuf, le 30 octobre 1873 avec GENEIX Marie et meurt le 16 janvier 1907.

17- GENEIX Jean, fils de feu Gabriel et GENESTOUX Jeanne, âgé de 40 ans, menuisier. Il naît le 23 février 1832, se marie le 15 janvier 1866 avec ANGLARD Marie et meurt le 5 avril 1911.

18- GRAS François, fils de Benoît et DUFRAISSE Marie, âgé de 26 ans, menuisier et maçon

Il naît le 11 février 1845, se marie le 19 janvier 1869 avec DUFRAISSE Marguerite et meurt le 12 janvier 1932, à près de 87 ans.

19- HUGUET Jean, fils de Benoît et COHERIER Antoinette, âgé de 36 ans, ancien soldat du 96e de ligne. Il naît le 26 janvier 1835, se marie le 23 mai 1871 avec REIGNAT Marie et meurt le 12 avril 1911.

20- HUGUET Jean, fils de Jean et DALBIGNAT Marie, âgé de 28 ans, ancien soldat du train des équipages. Il naît le 14 mars 1843, se marie avec JALLAT Françoise et meurt le 1er avril 1916.

21- JACQUET Etienne, fils d’Etienne et de DODET Anne, âgé de 31 ans, ancien soldat du 40e de ligne. Il naît le 10 février 1940, puis, après 1871, on perd sa trace.

22- LAGEYRE Jean, fils de Benoît et DUTHEIL Jeanne, âgé de 32 ans, maçon ; Il naît le 23 mars 1839, se marie le 13 février 1865 avec ASPERT Marie et meurt le 19 févier 1924, à près de 85 ans.

23- MADEORE Joseph, fils de Jean et PILEYRE Antoinette, âgé de 35 ans, ancien soldat du 98e de ligne. Il naît le 21 mai 1836, se marie en janvier 1861 à Clermont avec BERNARDET Anne, puis devenu veuf, en juin 1868 à Aubusson avec CHEZAL Germine. Sa date de décès est inconnue.

24- NUGEYRE Antoine Louis, âgé de 37 ans, ancien matelot, fils d’Alexandre et MAZET Anne. Il naît le 25 février 1833 et meurt le 14 février 1902, célibataire.

25- PINET Guillaume, fils de feu Jean et PUIFOUILLOUX Benoite, âgé de 40 ans, ancien sergent du 71e de ligne. Il naît le 25 avril 1831, se marie le 6 juin 1859 avec COUTAREL Marie et meurt en 1894

26- PINET LAGOUTTE Joseph, fils de François et BLATEYRON Jeanne, âgé de 22 ans, mobile du 32e de marche. Il naît le 23 décembre 1849, se marie le 17 novembre 1874 avec TOURGON Jeanne et meurt à une date indéterminée.

27- PLASSE Jean, fils d’Etienne et ARCHIMBAUD Anne, âgé de 41 ans, maçon. Il naît le 18 novembre 1830, se marie le 17 janvier 1855 avec NUGEYRE Marie et meurt le 22 janvier 1903.

28- PLASSE Pierre, frère du précédent, fils d’Etienne et ARCHIMBAUD Anne, âgé de 35 ans, venant du 98e de ligne. Il naît le 22 avril 1836, se marie le 8 juin 1863 avec HUGUET Marie, puis devenu veuf, le 5 février 1896 avec CODEIGNAT Catherine et meurt le 5 juin 1903. Il était menuisier et maçon.

29- REIGNAT Antoine, fils de Jean dit Jaillard et MADEORE Anne, âgé de 40 ans, ancien soldat au 2e voltigeurs. Il naît le 21 septembre 1831, se marie le 4 février 1862 avec CELLERIER Elisabeth, puis devenu veuf, en avril 1869 avec DECOMBAS Jeanne et meurt le 23 mars 1907

30- SOLON Antoine, âgé de 41 ans, charron, fils de Jacques et COUTAREL Marie. Il naît le 16 mai 1830 à Vertaizon, se marie le 6 juin 1859 avec COUTAREL Rose et meurt le 26 mai 1893. C’était l’ancien propriétaire du café GARDETTE actuel.

31- VERDIER Jean, fils de Bertrand et REIGNAT Marie, âgé de 44 ans, venant du 13e d’artillerie. Il naît le 8 janvier 1827, se marie le 11 février1860 avec BELIME Marie et meurt à une date inconnue.

 

La délibération suivante, du 15 août 1871, donne les résultats des élections par les membres ci-dessus :

- du sous-lieutenant : VERDIER Jean ;

- du sergent-major : SOLON Antoine ;

- du sergent : GARDETTE Hugues ;

- des caporaux : PLASSE Pierre, MADEORE Joseph et COUTAREL Joseph.

 

 

M J


28/11/2016
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L'histoire du Pont de La Planche

DE LA PLANCHE, AU PONT DE LA PLANCHE

 

Le pont de la Planche permet de franchir le Litroux sur le chemin menant de Moissat-Bas à Goëlle et Ravel. Avant la construction de ce pont il existait une « Planche » (d’où le nom donné au pont), à quelques mètres en amont de celui-ci, permettant de franchir à pied le ruisseau. C’était un arbre équarri comme il est décrit ci-dessous.

 

AU XVIIIème SIECLE

Dans un compte, concernant Moissat, découvert aux Archives Départementales (série et côte C2447), daté du 6 janvier 1776, c’est-à-dire sous le règne de Louis XVI, il est écrit textuellement :

-dépense de « 36 livres pour faire passer une planche sur le ruisseau de lytroux seavoir 24 livres pour achat d’dycelle et quarissage et celle de 12 livres pour la despense de la faire passer et conduire dycelle en présence de plusieurs habitants le certificat de devis et Nugeyre qui était présent à l’emplacement dycelle ».

Malgré le manque de ponctuation, l’orthographe de l’époque et le style alambiqué, la signification de ce texte est claire : dépense de 36 livres pour faire passer une planche sur le ruisseau le Litroux, à savoir 24 livres pour l’achat de celle-ci et son équarrissage, et celle de 12 livres pour la transporter et l’installer. Le certificat de devis est fait en présence de plusieurs habitants et de Nugeyre (consul de l’année peut-être ?) sur les lieux du chantier.

Dans un autre compte récapitulatif des dépenses faites sur les « revenus patrimoniaux » des paroisses de Moissat (série C, côte précise non relevée), daté du 25 juillet 1784, relatif aux années précédentes, il est noté pour l’année 1777 :

« -art 39 : dépense de 24 livres à Mr HUGUET de GOELLE pour l’achat d’un arbre pour faire une planche au ruisseau de Goëlle ;

  -art 40 : 10 livres 3 soles à Thomas DENIS, cabaretier, pour la nourriture de ceux qui ont placé ladite planche ».

Le premier texte est donc le devis, et le deuxième concerne le travail réalisé. Il y a cohérence entre les deux prix d’achat de l’arbre et son équarrissage (24 livres). Par contre le transport et l’installation de l’arbre sur le ruisseau est revu à la baisse puisqu’il passe de 12 livres à 10 livres + 3 soles. Il est possible que les personnes qui ont effectué le travail soient moins nombreuses que prévues. On remarque que celles-ci sont payées uniquement en nature, c’est-à-dire sous la forme d’un repas qu’on espère copieux et bien arrosé !

 

AU XIXème SIECLE

Au cours de ce siècle certaines délibérations du conseil municipal nous renseignent sur le devenir de cette planche. Ainsi le 6 août 1842 on parle de « réparation à la planche de Goëlle », le 19 juin 1845 de « réparation à la planche de Prégrand », le 26 juillet 1846 de « restauration de la planche de Goëlle ». Il s’agit bien toujours du même édifice, Prégrand étant le nom du terroir à l’est du ruisseau. Un autre texte daté du 23 août 1843 est encore plus intéressant. Il s’agit de « réparer la partie en maçonnerie qui supporte au milieu du ruisseau la planche qui sert de passage aux piétons et pour y établir une main courante ». L’existence de ce pilier est une découverte. Il est probable que son soubassement en maçonnerie subsiste encore sous les dépôts de sables. Quant à la main courante il est question de l’ « établir », comme si elle n’existait pas auparavant. Pourtant traverser le ruisseau sans protection devait être périlleux. On peut croire que cette main courante devait bien exister lors de l’installation de la planche et qu’elle soit tombée en décrépitude par la suite.

 

AU DEBUT DU XXème SIECLE

On n’a plus de mention de ce lieu dans le registre des délibérations jusqu’à la fin du XIXème siècle. Mais le 19 janvier 1901 on peut lire textuellement : « Plusieurs membres (du conseil municipal) ont fait remarquer que le gué du ruisseau du Litroux sur le chemin vicinal de Moissat aux Courtioux n°5 est complètement dégradé, au point qu’on ne peut traverser commodément le cours d’eau. Ils demandent que ce gué soit au plus tôt réparé de manière à ce qu’on puisse rentrer les foins facilement à l’avenir. Le conseil est d’avis que les réparations soient faites immédiatement ». Donc près de la planche qui permettait aux piétons de franchir à pied sec le ruisseau, se trouvait un gué pour le passage des charrois quand le niveau de l’eau était modéré. On ne voit plus trace de cette installation à l’heure actuelle.

La première fois qu’on émet l’idée d’ériger un pont intervient le 12 août 1906 : « création d’une commission s’occupant (entre autres) de la construction d’un pont sur le Litroux au lieu dit des Planches ». Le conseil n’est pas au bout de ses peines, car il faudra une quinzaines d’années pour réaliser ce projet. Le 26 du même mois on fait un premier constat pessimiste : « L’étude du pont est assez longue à cause des détails et des calculs qu’elle comporte. Il n’est pas possible de donner une évaluation même approximative. Mr l’Agent Voyer étudie la question ».

Le projet semble s’endormir jusqu’à l’intervention de Mr ROUSSEL conseiller de Moissat-Bas deux ans plus tard, le 16 août 1908. Il lui est répondu assez vertement que la commune a d’autres préoccupations. En effet elle a en chantier des constructions d’écoles, la montée d’eau de Charliat, des travaux à la halte de Seychalles, les contrecoups de la séparation de l’Eglise et de l’Etat (1905) en ce qui concerne le Couvent, etc. Cependant les choses avancent à partir du 6 juin 1909 : « un avant projet a été dressé par M BONNEAU Agent voyer qui s’élève à 4500 f ». C’est trop cher, « Mr le maire étudie un autre mode de construction plus économique et se rapprochant le plus possible du crédit de 2200 F qui est inscrit au budget additionnel pour ce travail ». Le 7 novembre 1909 un autre projet est dressé par Mr DEFRATIN ingénieur à Clermont-Fd. Son devis pour le tablier seul s’élève à 2767 Fr,40. C’est plus que le crédit de 2200 F ci-dessus, d’autant plus que la construction des piles sur les berges n’est pas comptée.

Le projet s’endort encore pendant deux années. Le 16 février 1913 « En pleine séance du conseil municipal Mr GENESTOUX Antoine demande où en est le projet du pont de la planche ». Cela a pour effet de réveiller les esprits et de provoquer des décisions : « L’assemblée après avoir examiné la question, décide de faire préalablement les fouilles à telle profondeur voulue pour trouver le solide en établissant une tranchée de 4 m de long sur 3 m de large. Cela fait M l’Agent Voyer sera appelé pour venir constater si les fouilles établies sont suffisamment profondes et si la base du terrain est propice et solide pour supporter les murs et le pont tout entier sans inconvénient, qu’alors il sera fait un béton avec fer en T enduit de ciment, la maçonnerie serait donnée à prix fait à un ouvrier du métier, la commune se chargeant de fournir la chaux, le sable et la pierre. Après cela la commune pourra traiter avec un entrepreneur de travaux pour le tablier du pont en ciment armé ». Cette fois le chantier semble bien amorcé d’autant que par une délibération suivante, le 10 août 1913 on décide de « conduire 7 m3 de pierre cassée prise à la Rochette pour faire le béton des fondations, ainsi que sable et chaux, sur les lieux ».

Peu de temps avant le déclanchement du conflit de 1914-18, le 7 juin 1914, une nouvelle étude établie un devis de 7500F. Pendant le début de cette guerre le travail stagne, mais la planche existante se délabre. Il suffit de lire la délibération du 20 février 1916 qui explique le problème : « Mr le Maire pose la question que lui a soumis bien des membres du conseil municipal concernant la planche de Prégrand, qui se trouve dans un très mauvais état et peut faire arriver des accidents. Après examen le conseil a été d’avis de faire réparer provisoirement cette planche. Pour cela il a décidé de faire abattre un peuplier pris sur les communaux, afin d’éviter des frais. Il a été convenu que l’un des membres du conseil de Moissat-Bas conduirait à la scierie cet arbre de manière qu’il soit exploité pour pouvoir l’appliquer sur la planche existante et faire relier le tout par 4 barres de fer, dont une à chaque extrémité et 2 au milieu. Les frais de sciage et autres seront supportés par la commune ». Ce travail a-t-il été réalisé ? Il est permis d’en douter parce que de 1916 à1921 la construction du pont s’est bien faite, d’ailleurs avec l’aide de prisonniers de guerre allemands. Ce n’est pas précisé dans les délibérations, mais des personnes ayant vécu cette période nous l’ont dit. La séance du 3 avril 1921 le confirme : « on demande une subvention de 3000 F pour le pont de Goëlle à l’Etat pour 1921 puisque les travaux de cet ouvrage seront terminés à bref délais ».

On peut raisonnablement penser que le chantier s’est terminé en 1921 ou 22 pour la bonne raison qu’après cette dernière date il n’est jamais plus question de ce pont dans les décisions du conseil municipal. Cependant la délibération du 17 décembre 1922 peut créer un doute : « achat d’un terrain pour la construction du pont de la Planche ». Ce doit être le terrain à l’ouest du pont. Il serait plus logique de faire cette acquisition avant sa construction. Mais « construction » veut sans doute dire aménagements annexes. Par là on pense à la dérivation du chemin en direction du pont et son empierrement, puisque le pont est construit quelques mètres au nord de l’ancienne planche. Ce doit être aussi le creusement de l’« entrée de la Planche », c’est-à-dire du chemin creux qui longe le pont et descend dans le lit du Litroux. Il permettait aisément l’évacuation du sable extrait du ruisseau et aux bestiaux de s’abreuver.

 

Telles furent les péripéties rencontrées par nos prédécesseurs lors de la construction du pont de la Planche, bientôt centenaire.

 


09/11/2016
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Les Moissadaires et la guerre 1914-1918

LES MOISSADAIRES ET LA GUERRE DE 14-18

 

EXPOSE DU 24 OCTOBRE 2015 SUR, A MOISSAT, par Maurice JAFFEUX

 

 

1- PRESENTATION DE MOI-MÊME

 

Je suis né en 1944 à Moissat-Bas où j’ai passé mon enfance. Les hasards de la vie font que j’habite actuellement à Blanzat.

Je suis intéressé depuis longtemps par l’histoire locale. Mon premier recueil des mots de patois remonte à mon adolescence. A cette époque je pressentais la disparition de cette langue parlée par nos parents et ancêtres, ce qui est quasiment arrivé à l’heure actuelle (2015).J

J’ai commencé à faire mon arbre généalogique dans les années 1970, à une époque où cette recherche n’était pas encore en vogue. Le secrétaire de mairie m’a bien regardé de travers la première fois, mais il m’a confié les registres sans obstacle.

Plus tard j’ai décidé de faire un relevé systématique des actes d’état civil de Moissat (à partir de 1669 pour St Pierre de Moissat, 1680 pour St Rémy d’Espezin) dans le but de faire des statistiques et mieux connaître les mœurs d’autrefois. Ainsi je peux aider les personnes qui veulent faire leur arbre généalogique.

 

2- MOYENS DE RECHERCHE POUR CETTE ETUDE

 

Nous avons à disposition les documents suivants, tous disponibles maintenant sur Internet, ce qui est un fabuleux progrès :

- L’Etat Civil : les registres communaux de naissances et de mariages peuvent être consultés s’ils ont 75 ans d’âge. Il n’y a pas de limite pour les décès. C’est idéal pour connaître les dates de naissance, de mariage éventuel et de décès des combattants de cette guerre.

- Les recensements de la population : depuis quelque temps on peut consulter  les listes des personnes vivant dans chaque commune à des dates précises. Le premier recensement à lieu en 1836 et ainsi de suite tous les 5 ans, hormis les périodes troublées de notre histoire (guerres de 1914-18 et 1939-45).

- Les registres matricules : sont en ligne des fiches indiquant les états de service dans l’armée de tous les soldats. Cela permet de savoir tous ceux qui ont participé à la Grande Guerre et dans quel(s) régiment(s).

- Les journaux de l’Armée : on peut consulter les registres de chaque régiment, écrits au jour le jour, indiquant les événement vécus ainsi, c’est-à-dire les mouvements de troupes, les noms des prisonniers, des blessés, des morts, le tout agrémenté parfois de cartes de situation des forces en présence.

- Le site « Mémoire des Hommes » : ce site de l’Armée permet de consulter les fiches des soldats morts où il y est indiqué la date et le lieu du décès et brièvement les circonstances de celui-ci.

 

 

 

 

3- LES MOBILISES

 

Dans mon enfance j’ai entendu dire maintes fois que Jean DALBIGNAT (prénommé Guillaume à l’Etat Civil) et Louis BESSEDE, nés sous le Second Empire en 1868 (46 ans en 1914) n’avaient pas fait la guerre parce que trop âgés. Mais ceux de 1869 ont été incorporés. L’autre limite est 1899. Ceux de 1900 sont restés dans leur foyer. Le recrutement s’est donc fait sur une période de 31 ans pendant laquelle on peut faire le bilan suivant :

1 - Nombre de naissances masculines 381

2 - Nombre de soldats sur les registres matricules 276

3 - Nombre de soldats incorporés réellement 229

4 - Nombre de morts   43

5 - Nombre de survivants 186

Remarques : - la différence entre les nombres 1 et 2 peut paraître importante (105), mais la mortalité infantile était encore présente et bon nombre de jeunes quittaient Moissat pour plusieurs raisons.

- la différence entre les lignes 2 et 3 (47) concerne des hommes que l’armée rejetait pour motif avéré (faible constitution, petite taille, folie, etc).

- parmi les survivants certains sont morts des suites de la guerre, d’autres étaient mutilés.

 

4- LES MORTS

 

A Moissat, afin d’éviter la simplicité, il y a 5 listes officielles. Par ordre décroissant on a - sur le monument de Moissat-haut 40 noms

- à la mairie 39 noms

- à l’église de Moissat-Haut 27 noms

- sur le monument de Moissat-Bas 19 noms

- à l’église de Moissat-Bas 17 noms

A cela on peut ajouter 2 listes faites par nos soins

- à partir du site « Mémoire des hommes » 46 noms

- la liste des transcriptions de décès à Moissat 36 noms

 

 

- LES OUBLIES DE LA MAIRIE ET DU MONUMENT DE MOISSAT-HAUT

 

D’abord les listes du monument de Moissat-Haut et de la mairie sont identiques à une exception près. Il manque un nom à la mairie. Il s’agit de :

- EMIR Joseph

Est-ce un simple oubli ou un choix délibéré, sachant qu’il est originaire de Neuville et marié à Moissat depuis peu. Cependant d’autres sont nés dans d’autres communes et sont bien répertoriés, comme COUDERT Joseph (né à Egliseneuve), COURTASSON Jean Baptiste (né à Lempdes), DUTEMPLE Antoine (né à Malintrat) et PINET Francisque (né à Seychalles). Il est ouvrier charron et vit avec son épouse, COUTAREL Amélie, qui est épicière et aubergiste à Moissat-Bas. De leur union naissent une fille en 1912 et un garçon en mai 1914. La transcription de son décès est la première qui parvient à l’Etat-civil. C’est incompréhensible qu’il ne soit pas sur la liste de la mairie, d’autant plus que cette dernière bénéficia d’un supplément de réflexion, puisque exécutée en 1950.

 

Ensuite les noms suivants manquant sur le monument et à la mairie sont :

- SAUVADET François

Il est sur la liste de l’église de Moissat-Haut et son acte de transcription est bien à l’Etat Civil de Moissat. On ne le trouve pas aux recensements de 1901 et 1911. Il devient orphelin de père à 5 ans. On imagine sa mère refaire sa vie ailleurs.

 

- HUGUET Pierre est sur la liste de l’église de Moissat-Haut uniquement. Il se marie à Paris en 1908. Il fait partie des nombreux migrants auvergnats vers la capitale.

 

- JALLAT Francisque ou François n’apparaît que sur la liste de l’église de Moissat-Bas. Il se marie en 1907 à Billom, où probablement il habite à la déclaration de la guerre.

 

- HUGUET Jean n’apparaît que sur le monument de Moissat-Bas et à l’Etat Civil. La transcription de son décès est bien enregistrée à Moissat ;

 

- DEPLAT Jean est né à Seychalles de parents originaires de Moissat-Bas, exploitant depuis peu la ferme de Chanteloze à Seychalles. Voilà pourquoi les habitants de Moissat-Bas l’ont considéré comme un des leurs, opinion non partagée au niveau communal.

 

- COHERIER Louis n’apparaît que sur le monument de Moisst-Bas parce qu’il est mort le 18-05-1922 des suites de la guerre, donc après l’édification du monument de Moissat-Haut

 

- HUGUET Claude Alphonse Edmond, JURY François et MAZET Antoine

Ce sont les grands oubliés. Ils n’apparaissent sur aucune des listes officielles de la commune. Seul le site Internet « mémoire des hommes » a permis de les sortir de l’ombre. Ils sont bien nés à Moissat, mais ont quitté la commune depuis longtemps, ne laissant pas de trace dans la mémoire collective. La transcription de leur décès arrive à Vertaizon pour le premier, à Riom pour les deux autres.

 

- MORTS DES SUITES DE LA GUERRE ?

 

Peuvent être ajoutés certains noms de garçons décédés peu de temps après la fin de la guerre, sans doute en raison des souffrances subies.

 

- GENESTOUX Jean fils de Hugues G et Geneviève BATHOL mort le 5-12- 1928 à l’âge de 42 ans des suites du gazage pendant la guerre. C’est le grand père maternel de Jeantou DEBEUF ;

C’est avéré pour lui par les témoignages de personnes qui l’ont connu et qui vivaient au temps de mon enfance ;

 

- FLORET Joseph né le 26 août 1897, fils de Jean F et Annette VIALE mort le 6-7-1926 à l’âge de 28 ans

D’après le fichier des registres matricules sur Internet il souffrait effectivement de difficultés respiratoires dues aux gaz asphyxiants;

 

- MAZUEL Jean-Baptiste né le 3 février 1890 à St Geneix du Retz, fils de Hugues M et Marie DESBRE, mort à Moissat le 25 août 1926, à l’âge de 36 ans

Sa fiche du registre matricule indique bien qu’il avait des difficultés respiratoires consécutives à une grippe mal soignée, contractée en service ;

Mauvaise ironie du sort, il est le père du petit Ely MAZUEL qui périt le 24 juillet 1929, foudroyé en même temps que quatre autres personnes, dont son propre grand-père ;

 

- MADEORE François né le 8 février 1878 fils de Jean M et de Marie DEMONNE mort le 09-06-1923 à l’âge de 45 ans ;

 

- GRAS Michel né le 1er avril 1896 fils de Joseph et Anne BLATEYRON, mort le 16-11-1928 à l’âge de 32 ans

Pour eux la relation de leur maladie avec les circonstances de la guerre est plus floue.

 

Il ne faut pas oublier les mutilés et les traumatismes psychiques, et les femmes. Elles ont remplacé les hommes aux durs travaux des champs.

La mort des soldats a fait quelques orphelins. Une naissance dramatique, celle d’Antoine Jean Baptiste COURTASSON le 3 février 1915 mis au monde par Marie Cécile REIGNAT. L’acte d’Etat Civil mentionne que le père, Jean Baptiste COURTASSON est « cultivateur  et mobilisé » alors qu’il est mort depuis le 20 août 1914. La mauvaise nouvelle n’est pas encore arrivée à Moissat. La transcription ne parviendra à Lempdes, son lieu de naissance, qu’en 1921, ce qui indique un cas dramatique. Vraisemblablement son corps n’a pas été retrouvé.

 

- LIEUX OU SONT MORTS LES SOLDATS DE MOISSAT

 

1 - 1ère BATAILLE DE LA MARNE

Elle se déroula du 6 au 12 septembre 1914 et repoussa les Allemands qui menaçaient Paris. Elle est connue surtout par l’épisode des taxis qui conduisirent promptement au front des soldats de la garnison de Paris. Furent victimes :

- BORDEL Jean Baptiste le 08-09-1914 à Bouillancy (Oise), au nord de Meaux ;

- BARDY Pierre Marius le 21-09 1914 à Plessis de Roye (Oise), à l’ouest de Noyon ;

- EMIR Joseph le 10-11-1914, à la suite de blessures et de maladie, au château de Bains, commune de Boulogne la Grasse (Oise), entre Compiègne et Montdidier, vraisemblable-ment à la suite de cette première bataille de la Marne.

 

2 - LORRAINE

- ROMEUF Antoine le 20-08-1914 à Sarrebourg (Lorraine).

- COURTASSON Jean Baptiste le 20-08-1914 à Sarrebourg (Lorraine).

- BROUSSE Antonin Alexis le 25-08-1914 à Baccarat (Meurthe et Moselle), entre St Dier et Lunéville. La durée de 5 ans et 4 mois entre le décès et sa transcription trahit le fait que le corps n’a pas été retrouvé. D’ailleurs l’acte du 12-1-1920 est qualifié d’acte de disparition.

- ROMEUF Alfred Jean le 26-08-1914 à l’ambulance n° 2 à Baccarat.

Il est à remarquer ici qu’en une semaine 4 soldats de Moissat sont morts en Lorraine allemande en 1870, les 2 premiers, le même jour à Sarrebourg (le premier du 86ème RI, le deuxième du 16ème RI). On peut supposer que les 2 suivants sont victimes du même combat, ROMEUF Alfred Jean mourant de ses blessures reçues la veille (ils sont eux aussi au 86ème RI).

 

3 - ALSACE

- GENESTOUX Jean Baptiste le 23-03-1915 à Hartmannswiller (Alsace), au sud de Guebwiller dans le Haut-Rhin actuel

- ESCOT Guillaume le 29-06-1915 à Metzéral (Alsace), au sud-ouest de Munster actuellement dans le Haut-Rhin.

- DENIS Antoine Alfred le 01-08-1915 à Barenkopf (Alsace), près de Sulzern ou Soultzeren et Munster (actuellement Haut-Rhin).

 

4 - PAS-DE-CALAIS

- REIGNAT Ernest Louis le 09-05-1915 à Neuville St Vaast (Pas de Calais), au nord d’Arras

- REIGNAT Jean Baptiste Emile le 11-05-1915 à Souchez (Pas de Calais), au nord d’Arras

- COUTAREL Pierre  le 25-05-1915 à Agnis les Duisans (Pas-de-Calais), à l’ouest d’Arras.

Il est à remarquer ici la disparition de 3 moissadaires en 16 jours dans la même région.

 

5 - CHAMPAGNE

- JALLAT François entre le 25 et le 28-09-1915 à St Hilaire le grand (Marne), à l’est de Reims, près de Suippe, dans le cadre d’une tentative de percée en Champagne.

- RIBEROLLE Joseph le 20-10-1915 à Sillery (Marne), au nord-est de Reims.

- JACQUET Charles le 20-5-1916 au secteur de Wacques (Champagne).

 

6 - VERDUN

La bataille de Verdun eut lieu du 21 février au 18 décembre 1916. Pour les Allemands le passage de la Meuse à Verdun était une priorité. Ils y mirent un immense acharnement. Les Français et alliés mirent le même acharnement à résister. Cela se solda par des pertes énormes des deux côtés. Lassés par la résistance des Français et pris par le conflit contre les Russes, les Allemands cessèrent le combat à outrance en décembre.

Durant ces dix mois de combats acharnés cette bataille couta la vie des moissadaires suivants :

- COUDERT Joseph le 11-03-1916 à Mort-homme (le bien nommé !) (Meuse), au nord-ouest de Verdun ;

- JURY François le 13-03-1916 à Marre (Meuse), au nord-ouest de Verdun ;

- DEPLAT Jean le 02-05-1916 au Bois de la Caillette (Meuse) ;

- SAUVADET François le 13-05-1916 à  Esne côte 304 (Meuse).

- DEPLAT Joseph le 22-05-1916 au Bois de la Caillette-Douaumont (Meuse) ;

- DUTHEIL Thomas le 07-06-1916 devant Verdun au fort de Vaux (Meuse) ;

- DEMONNE Antoine le 26-08-1916 à Vaux Régnier Verdun (Meuse), commune de Fleury sous Douaumont.

 

Dans ce secteur géographique, la suite du conflit couta la vie à :

- BOUTERIGE Marcelin le 26-01-1917 à l’ambulance à Landrecourt (Meuse), au sud de Verdun, des suites de blessures de guerre.

- RIBEROLLE Francisque le 16-03-1917 à l’ouest de Bézonvaux (Meuse), au nord-est de Verdun.

- COURTY Jean le 08-10-1918 à Beaumont (Meuse), 10 Km au nord de Verdun.

 

 

7 - SOMME

La bataille de la Somme eut lieu du 1er juillet au 19 novembre 1916. Elle fut très meurtrière et couta la vie à :

- PLASSE Christophe Célestin le 10-07-1916 à Herbécourt (Somme), à l’ouest de Péronne au cours d’un combat aérien ;

- COHERIER Gabriel Félix le 20-07-1916 à Curlu (Somme), entre Péronne et Albert ;

- NUGEYRE Jean Antoine le 17-09-1916 à Vermandowiller (Somme), au sud-ouest de Péronne.

Un autre soldat périt dans ce secteur plus tard :

- HUGUET Claude Alphonse Edmond le 02-05-1918 à Hailles (Somme), au sud-est d’Amiens.

 

8 - CHEMIN DES DAMES

Sous l’impulsion du général Nivelle cette offensive à outrance devait enfoncer les lignes allemandes. Elle se déroula du 17 avril au 24 octobre 1917. Ce fut un échec total, qui fit énormément de victimes. Parmi celles-ci :

- DELAIRE Adrien le 16-04-1917 au Plateau de Vauclère (Aisne), près de Craonne au Chemin des Dames.

- RIMBERT Etienne le 19-04-1917 au nord-ouest de Reims, région de Godat Hermonville (Marne) ;

- BARTHOMEUF Pierre Marie Antonin le 06-06-1917 au Chemin des Dames à Filain (Aisne), au sud de Laon ;

- BOUTERIGE Annet le 01-07-1917 au secteur d’Ailles (Aisne), près de Neuville/Ailette.

 

9 - 2ème BATAILLE DE LA MARNE

- LAGEYRE Annet Jean Baptiste le 18-7-1918 à Pont Chevalier (Oise), à l’est de Compiègne.

- NUGEYRE Alexis Louis le 10-8-1918 à l’hôpital militaire bénévole n° 4 bis à Paris 8e.

 

10 - EN CAPTIVITE

- RAFFY Antoine François le 05-09-1914 à l’hôpital de Konigsbruck (Allemagne).

- PINET Francisque le 30-10-1918 à la maison de santé catholique à Schurenhamp (Allemagne)

 

11 - LIEUX DIVERS

- au combat

- HUGUET Pierre Antoine Marie François Adrien le 12-01-1915 à Crouy (Aisne)

- MAZET Antoine le 17-05-1915 au canal de l’Yser à Langemarck (Belgique)

- GENESTOUX Jules le 10-11-1915 à Amanli (Serbie).

- LAGOUTTE Antoine Marie François Adrien le 09-03-1917 à Fresnières (Oise), au nord-ouest de Noyon

- des suites de blessures ou de maladie

- REIGNAT Jean Baptiste Augustin le 23-04-1917 à l’hôpital 78 à Montferrand (PdeD)

- DUTEMPLE Antoine le13-05-1917 à l’hôpital de l’aigle à Grenoble.

- GAUTHIER Joseph le 15-05-1917 à l’hôpital militaire d’Yzeure (Allier).

- HUGUET Jean le 24-02-1918  à Brest.

- cas particuliers

- SARRE Félix le 04- 09-1916 à Lempdes écrasé par une voiture.

- THIBAUD Jean Baptiste le 14-03-1920 à Moissat des suites de la guerre.

- COHERIER Louis le 18-05-1922 à Moissat des suites de la guerre.

 

5 – ANECDOTES

Terminons par 2 anecdotes plus ou moins cocasses, en tout cas moins dramatiques que ce  qui est cité plus haut :

1 - Mon oncle Maurice fut victime au Chemin des Dames d’une explosion de grenade qui le blessa tout le coté droit, de la jambe jusqu’à l’œil. Son bras en particulier le fit souffrir très longtemps. Il bénéficia d’une première invalidité chiffrée à 15 %. Quelque temps après il est écrit sur sa fiche de son registre matricule : « invalidité actuelle 20%, augmentation évaluée à 5% insuffisante pour motiver l’ajustement du taux par la Commission de Clermont Fd » ! L’Armée a des finesses qui lui sont propres.

 

2 - Une autre anecdote concerne le décès d’Antoine DUTEMPLE. Cet homme natif de Malintrat vivait avec sa mère à Moissat-Haut en 1911, date d’un recensement. J’ai eu beaucoup de peine à retrouver ses date et lieu de décès. Un site Internet le déclare « non mort pour la France ». Je craignais un destin tragique du genre fusillé pour l’exemple, d’autant plus que je ne trouvais pas son acte de transcription de décès ni à Moissat, ni à Malintrat. Finalement  son registre matricule est clair. Il est mort le 13 mai 1917 à l’hôpital de l’Aigle de Grenoble. Sur sa fiche il est écrit : « genre de mort : cirrhose hypertrophie du foie (maladie non contractée au cours des opérations de guerre) ». C’est mieux que le peloton d’exécution !

 

 

 

Maurice JAFFEUX

 


28/10/2015
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Chroniques Moissadaires 1916-1918

CHRONIQUE DE MOISSAT 1916-1918

 

Lors de la Grande Guerre 1914-18 mon oncle Antoine JAFFEUX fut fait prisonnier en mai 1916 près de Verdun. Jusqu’en janvier 1919 il est en captivité en Allemagne près de Cassel. A son retour en janvier 1919 il emporte dans une valise en bois les lettres qu’il reçut, lettres qui sont restées miraculeusement intactes jusqu’à aujourd’hui, dans notre maison. La plupart sont écrites par sa mère, Marie Louise JAFFEUX, née TOURGON (ma grand-mère). En même temps que des détails personnels, elle indique les nouvelles du pays, ce qui alimente cette chronique.

Pour une lecture plus aisée on regroupe les thèmes par chapitres. Les citations de Marie Louise sont en gras italique.

 

LISTE DE SOLDATS AYANT PARTICIPÉ À LA GUERRE DE 1914-18 CITÉS PAR MARIE-LOUISE TOURGON

Marie Louise cite les soldats mobilisés au gré de leur venue en permission et de leur retour dans le conflit. Elle mentionne ceux qui restent plus longtemps en convalescence de maladie ou de blessures. Elle parle de celui qui n’écrit plus depuis quelque temps, signe annonciateur qu’il est prisonnier, ou … victime d’un plus fâcheux événement !

Ce sont par ordre alphabétique : BARRIER Émile, BLATEYRON Bénoni, BOUTERIGE Marcelin, BOUTERIGE Annet ou Antonin ou Eugène, CHALARD François ou Francisque, CHALARD Léon, frère du précédent, CHAPEL Benoît, CIERGE Benoît Baptiste, CIERGE François ou Francisque, frère du précédent, COHÉRIER Gabriel Félix, COHÉRIER Louis Antoine, COHÉRIER Arthur Joseph, COHERIER Félix, COHÉRIER Francisque Alphonse, frère d’Arthur, DUTHEIL Marius Thomas, COURTY Jean, DUPIC Joseph, GENESTOUX Alfred, GENESTOUX Jean, GRAS Michel, JAFFEUX Maurice, LAGEYRE Annet, Jean-Baptiste, MAZET Laurent, MAZET Claude, NUGEYRE Jean-Baptiste, PINET-LAGOUTTE François ou Francisque, PIREYRE Thomas, RETRU Félix, ROMEUF Jean, RUDEL Jean-Baptiste, THIBAUD Baptiste,

 

L’ANNONCE DE LA MORT DES SOLDATS

Les mauvaises nouvelles accompagnaient la vie des gens de la commune. Marie Louise en avertit son fils. Elle le fait toujours avec retenue. Est-ce dans sa nature ou pour ne pas éveiller la censure ?

- 27 août 1916 : pas de bonne nouvelle à te faire savoir de ton copain Félix. Il était content de savoir que tu étais prisonnier. A partir du 20 juillet, çà été fini pour lui, sans souffrance.

- il s’agit de Félix COHERIER, tué à l’ennemi, effectivement le 20 juillet 1916 à Curlu (Somme), lors de la bataille de la Somme ;

- 11 septembre 1916 : pas bonne nouvelle aussi pour Marius Dutheil depuis quelques mois.

- Marius ou Thomas DUTHEIL est mort tué à l’ennemi le 7 juin 1916 au fort de Vaux (Meuse) lors de la bataille de Verdun ;

- 18 février 1917 : pas de bonne nouvelle de Marcelin Bouterige, ayant pris du mal aux jambes ;

- il est mort à l’ambulance à Landrecourt (Meuse) le 20 janvier 1917 des suites de blessures de guerre

- 22 juillet 1917 : depuis quelques jours Eugène Bouterige est mort de la même maladie six mois après son frère Marcelin.

                        - Eugène ou Annet BOUTERIGE est mort tué à l’ennemi le 1er juillet 1917 au secteur d’Ailles (Aisne) au Chemin des Dames ;

- 13 août 1918 : Lageyre farrant est mort ;

- il s’agit de Annet Jean-Baptiste LAGEYRE, père de Pierre L., mari de Marie Jallat. Il est mort des suites de blessures de guerre le 18 juillet 1918 à Pont Chevalier (Oise), lors de la deuxième bataille de la Marne ;

 

LISTE DES MORTS « CIVILS » DU VILLAGE.

- Le 16 juillet 1916 : Ton grand père est mort le 22 mai ;

                        - il s’agit de Joseph TOURGON « Bourrat », né le 21 4 1835 de Gabriel et Marie DÉCOMBAS, marié le 18 2 1867 avec Antoinette AUDEBERT ;

- le 17 décembre 1916 : Demain on enterre Joseph Bost qui était au lit depuis quelque temps ;

                        - il s’agit de Joseph BOST, né le 11 8 1837, marié en mai 1864 à Seychalles avec Marie RIBEROLLE ;

- le 22 mars 1917 : Rose la petite d’Amélie, qui restait à Riom chez sa sœur, vient de mourir du croup. On l’enterre demain à Moissat. Tant comme elle était gentille ;

- il s’agit de Rose ÉMIR, 5 ans, fille de Joseph ÉMIR (un des premiers tués de la guerre en 1914) et d’Amélie COUTAREL, née le 6 octobre 1912 ;

- le 20 mai 1917 : Le père de Bénoni vient de mourir ;

- il s’agit du père de Bénoni BLATEYRON, c’est-à-dire Jean-Baptiste BLATEYRON, né le 23 12 1866 de Jean et Françoise CHALARD, marié le 29-10-1893 avec Marie Marguerite CHALARD. La date précise de la mort est le 19 mai ;

- le 23 novembre 1917 : notre voisine la Gouton est morte. On l’a enterrée hier, n’ayant restée que 4, 5 jours au lit ;

- c’est Marguerite CHALARD, née le 4 mars 1838, fille de François C et Marie COHERIER, veuve de Joseph PINET LAGOUTTE (mariage le 21 janvier 1867). C’est la mère de François PINET LAGOUTTE, dit « Tampesan », et grand mère de « Ziza » et de « Pinou » ;

- le 7 décembre 1917 : la grand mère qui était au lit depuis longtemps vient de mourir ce matin à l’âge de 90 ans. On l’enterre demain ;

- il s’agit d’Antoinette AUDEBERT, née le 21 1 1828 d’Alyre et Antoinette CHALARD, mariée le 18 2 1867 avec Joseph TOURGON, mort le 22-5-1916 (voir ci-dessus) ;

- le 23 janvier 1918 : Thomas Pireyre est mort depuis quelques jours ;

- il s’agit de Thomas PIREYRE, né le 7 mars 1845 à Montmorin, veuf de Marie REIGNAT. Ce n’est pas le père de François PIREYRE ;

- le 28 janvier 1918 : le père Dupic vient de mourir, ainsi que la vieille Chazerade à Pont-du-Château chez son fils,

- le père Dupic est Jean DUPIC, né le 1er janvier 1837 à St Jean des Ollières, marié à Marie NUGEYRE, père de Sébastien et Joseph DUPIC ;

- la « vieille Chazerade » était sûrement Catherine LACHAMP, née le 20-9-1825 à St Julien de Coppel, mariée en septembre 1845 à St Julien avec Jean GENESTOUX, père d’Hugues et grand père d’autre Jean GENESTOUX. C’est la trisaïeule de Jeantou DEBEUF ;

- le 10 février 1918 : Jeanne la femme de Jean paille est morte, étant au lit depuis la Noël ;

                        - il s’agit sûrement de Jeanne LAGEYRE, née le 9 janvier 1857 d’André et Catherine PIALOUX, mariée le 12-5-1878 avec Jean REIGNAT « Paille » ;

- le 19 octobre 1918 : Mort de Benoît Escot « Redon », ayant garni sa lampe avec imprudence. Le feu a pris à ses vêtements. Malgré les secours, il était trop tard. Il est mort dans la matinée ;

- C’est Benoît ESCOT né le 3-2-1842 de Benoît et Marie COHÉRIER et marié le 14-4-1872 avec Marie JALLAT. C’est un accident dramatique qui a dû émouvoir tout le village. On s’éclairait alors avec la lampe à pétrole, avant l’installation de l’électricité dans les années 1920.

 

LA FETE DE St EUTROPE

Marie Louise, comme tout bon travailleur de la terre parle souvent du temps qu’il fait, en indiquant à son fils les travaux des champs qu’ils réalisent, elle et son mari. Ceci est banal, néanmoins deux remarques météorologiques attirent l’attention :

- le 7 mai 1916 : Aujourd’hui il a fait beau temps jusqu’à midi, ensuite il a plu toute la soirée, mais çà n’a pas fait tort aux chevaux de bois.

- le 5 mai 1918 : Aujourd’hui fête patronale. Malgré qu’il pleut toute la soirée, comme il arrivait souvent, cela ne dérange pas les amusements comme autrefois, car ce n’est plus les mêmes et les mêmes plaisirs.

1- La dernière phrase montre l’amertume ambiante à la suite de ce conflit armé qui s’éternise ;

2- Notre fête patronale de Saint Eutrope, le premier dimanche de mai, a la réputation d’attirer la pluie. On voit ici qu’en 1916 et 1918 c’était pareil. Marie Louise ne parle pas de celle de 1917. A-t-elle été ensoleillée ?

                                                                            

Ce serait exceptionnel que des documents concernant la grande Guerre ne se trouvent que dans ma maison natale. Il doit bien avoir, dans d’autres maisons de Moissat et d’ailleurs, des lettres complétant cette étude. Fouillez vos greniers !

 

                                                                                                   MJ

 

Recto verso d'une lettre carte à partir d'une photo personnelle comme cela se faisait à l'époque. Les deux enfants cités dans le texte sont probablement Albert Lageyre et son frère Marcel

 

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02/08/2014
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