Nature et Patrimoine de Moissat

De la guerre de cent ans aux guerres de religion

 

DE LA GUERRE DE CENT ANS AUX GUERRES DE RELIGION

 

Les habitants de Moissat, vraissemblablement, ne jouirent pas en toute tranquilité de la nouvelle situation que leur valait la charte du sire de Vaubrecourt. La France à cette époque, était le théâtre de cette interminable guerre, appelée, par les historiens, guerre de Cent ans. Les Anglais envahisseurs, après avoir conquis le Languedoc, étaient venus en Auvergne et tout en guerroyant dans cette riche province, ils pillaient les villes et ravageaient les campagnes.

On sait que Lezoux eut à subir leurs assauts et finit par tomber en leur pouvoir. Il est de bonnes raisons de supposer que Moissat eut à souffrir d'un tel voisinage et tout particulièrement son prieuré. Un motif est fourni à cette opinion par une vue du monastère dessinée par Guillaume Revel vers 1450, dont l'original se trouve à la bibliothèque nationale et qui montre des brèches importantes aux murs de son enceinte.Ses habitants durent en même temps faire face aux attaques des routiers et des grandes compagnies, bandes armées, composées d’aventuriers et ensuites grossies de nombreux mercenaires licenciés des armées françaises et anglaises qui, dénués de moyens réguliers d’existence, s’emparaient de gré ou de force de tout ce qui excitait leur convoitise, dévalisant les châteaux comme les demeures de paysans. Grâce cependant à la bravoure de Duguesclin, sous Charles V et à la providentielle intervention de Jeanne d’Arc sous Charles VII, les Anglais, d’abord éloignés du pays d’Auvergne, furent enfin chassés du sol français en 1453.

Jusqu’au milieu du 16ème siècle, le pays ne fut troublé de temps à autre que par des querelles de seigneurs ; mais un fait insignifiant, en apparence, allait avoir une importance considérable.

En 1540, un moine jacobin venant d’Allemagne, se présentait à Issoire au couvent de Saint Austremoine et y réclamait la passade, aumône due au voyageur. Ce jacobin, sectataire de Luther, prolongea son séjour et fit des prosélytes, si bien que grâce à lui, Issoire fût le berceau du protestantisme en Auvergne. Bientôt les passions s’exacerbèrent et s’ouvrit l’ère des guerres de religion qui couvrirent la France de sang et de ruines.

En 1560, la plupart des moines et des habitants d’Issoire étaient protestants; la ville leur appartenait. Gaspard de Montmorin reprit la ville dans laquelle, cependant, Gabriel, seigneur de Vassel, entretenait un noyau de gens prêts à la révolte. Gaspard de Montmorin assiégea Gabriel dans son château de Vassel, près de Moissat, le prit et lui fit trancher la tête.

Les habitants d’Issoire appellent à leur secours le capitaine Merle, fils d’un cardeur d’Uzès, qui s’empara de la ville le 15 août 1575. Le 20 mai 1577, une armée royale commandée par le Duc d’Alençon (devenu Duc d’Anjou), le frère d’Henry III, bloque la ville qui est enlevée, brûlée, démolie si bien que sur l’ordre du duc, on planta sur les ruines, un poteau avec un écriteau sur lequel on lisait : ici fut Issoire.

Voici ce qui se passait au sud de Moissat. La situation au nord n’était pas meilleure, on se battait partout, à Lezoux surtout, et Thiers avait été enlevé en 1567, sans coup férir, par d’Acier-Crussol et du Puy-Montbrun chefs des protestants.

A la fin du XVIème siècle, les guerres de religion entrent dans une phase nouvelle. Henry III n'ayant pas d'enfant, l'héritier du trône était le protestant roi de Navarre. Le duc de Guise, homme d'une haute valeur et très populaire, pensa pouvoir renverser le roi et prendre sa place. Dès 1576, ses partisans avaient fondé la ligue des catholiques qui, sous le masque de la religion, devait le pousser au pouvoir.

Cette ligue devint rapidement un parti très fort; le roi dut composer avec lui en attendant d'être chassé de Paris par la journée des Barricades, 12 mai1588.

La ligue fut puissante en Auvergne, mais seulement dans le quadrilatère formé par Ambert, Issoire, Thiers et Clermont. Ses chefs furent Jean-Louis de la Rochefoucauld, comte de Randan, Jean de Lastic, seigneur de Sieujac, une partie seulement de la noblesse marchait sous leurs ordres.

Le duc de Guise fût assassiné à Blois, par ordre d'Henry III, le 25 décembre 1588, et le roi de Navarre vint rejoindre le roi de France.

Dès la nouvelle de l'assassinat d'Henry de Guise, le comte de Randan et son frère, l'évêque de Clermont, réunirent les principaux ligueurs dans la chapelle des Jésuites de Billom, le 2 avril 1589. Presque toutes les villes d'Auvergne, à l'exception de Clermont et de Montferrand, se rangèrent avec plus ou moins d'empressement sous les ordres de Randan.

Henry III assassiné par Jacques Clément, le 1er août 1589, la guerre se ralluma de plus belle pour empêcher le roi de Navarre d'accéder au trône qui lui revenait de droit. Issoire continuait à passer de mains en mains. Le 11 février 1590, les royalistes sont maîtres de la ville, mais ne peuvent s'emparer de la citadelle où commande le capitaine La Carrière.

Le comte de Randan qui avait vainement assiégé Montferrand, investit Issoire avec 4000 fantassins et 600 cavaliers. Averti que des troupes envoyées par la ville de Clermont arrivaient à Coudes, le chef des ligueurs se porta à leur rencontre.

Le choc eut lieu le lendemain, 14 mars 1590, à Cros-Rolland sur le plateau de Pardines. Randan fut tué et ses partisans complètement défaits.

Au nord de Moissat, en 1589, Thiers avait été bloquée par les ligueurs qui occupaient Ambert, Olliergues, Courpière, Vollore, Lezoux et Billom. En 1590, le blocus continuait.

Ces évènements favorisaient les bandes de mauvais garçons qui infestaient la contrée : celle de Chappes qui opérait entre Lezoux et Maringues fût une des plus célèbres ; elle tua, en une seule fois, 23 habitants de Beauregard. Elle fut massacrée ainsi que son chef dans les rues de Lezoux pendant le siège de cette ville au printemps 1592. C’est à ce siège que fut tué Jean de La Motte-Arnault, l’ancêtre des fameux Arnault de Port Royal, de Pomponne et d’Andilly. C’est lui qui à Cros-Rolland acheva Randan d’un coup d’épée après avoir tué le Sieur d’Oradour de Saint Gervazy.

Pendant la Ligue, le château de Vertaizon fut mis en état de défense, il était la propriété de l’évêque de Clermont.



29/11/2012
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