Nature et Patrimoine de Moissat

Histoires De Cloches

LES INSCRIPTIONS DES CLOCHES DE MOISSAT

           

           

            Par ordre d’ancienneté on a :

 

                        1-  en 1868 deux cloches fondues et installées en même temps à Moissat-Haut, la plus grosse d’abord, d’un diamètre de 1,17 mètre, la plus petite ensuite, d’un diamètre de 0,73 m. Elles portent les inscriptions suivantes :

            - BENITE EN AVRIL 1868 PAR L’ABBE OSSAYE CURE / DE MA PAROISSE DE MOISSAT / J’AI POUR NOM JOSEPHINE / ELEONORE DE St JEAN / BAPTISTE – PARRAIN LE BARON G / CARLES PHILIPPE RENE / DE MARILHAC / MARRAINE JOSEPHINE / ELEONORE DE LAVAL / NEE DU CROZET

LHERITIER FONDEUR

            - BENITE EN AVRIL 1868 PAR L’ABBE OSSAYE CURE / DE MA PAROISSE DE MOISSAT / J’AI POUR NOM MAP JOSEPHINE DE St REMY  PARRAIN EDGARD LACHAZE / DE St GERMAIN  / MARRAINE MARIE AUGUSTINE / PHILIBERTE JOSEPHINE / DE MARILHAC

LHERITIER FONDEUR

                        Ces textes sont suffisamment explicites même si les espaces entre les mots sont matérialisés par des « / »

                        Le parrain de la première cloche, le baron G Charles Philippe René de MARILHAC, propriétaire du château de Moissat-Haut, est né vers 1821 hors de Moissat et mort avant 1886 également hors de Moissat. Il est le père de la marraine de la deuxième cloche. Celle-ci est née vers 1848 hors de Moissat. Elle avait donc 20 ans au moment où on a fondu et installé ces deux cloches.

                        La marraine de la première cloche est l’épouse de Blaise Achille de LACOSTE de LAVAL qui habitait à Châteauneuf et qui fut maire de Moissat en 1870-71 et 1878 à 81.

                        Le parrain de la deuxième cloche, Edgard LACHAZE de St GERMAIN, est né le 7 juillet 1854 à Pironin, fils de Jean-Baptiste, originaire de la Corrèze et Gabrielle Marie Eugénie Noémie LOUBENS de VERDOLLE, née à Vassel. Ce parrain n’avait que 14 ans.

                        LHERITIER est le nom d’une dynastie célèbre de fondeurs de cloches installée à Clermont, pendant presque tout le 19ème siècle.   

                     

                        2- en 1758 la grosse cloche de Moissat-Bas, d’un diamètre de 0,955m, qui porte l’inscription suivante :

            - + IHS MARIA CHRISTUS VINCIT CHRISTUS REGNAT CHRISTUS IMPERAT QUI AB OMNI MALO NOS DEFENDAT AMEN (Christ Maria, le Christ vainc, le Christ règne, le Christ ordonne de nous protéger de tout mal, amen) PARREIN R P CHARLES GROS RECTEUR ET PRIEUR DE MOISSAT MARREINE DAME MARIE CATHERINE BOURLIN EPOUZE DE MR JOSEPH ANTOINE HUGUET CONr EN LA COUR DES AYDES A CLERMONT Mres P ROUX CURE J FRANCOIS HUGUET VICAIRE MRS JOSEPH HUGUET CHALARD LUMINIERS L’AN 1758 (Parrain Révérant Père Charles GROS recteur et prieur de Moissat, marraine Dame Marie Catherine BOURLIN, épouse de Monsieur Joseph Antoine HUGUET conseiller en la Cour des Aydes à Clermont ; messires Pierre ROUX curé, Jean François HUGUET vicaire, Messieurs Joseph HUGUET et CHALARD luminiers, l’an 1758).                       

                        Joseph Antoine HUGUET, l’époux de la marraine est vraisemblablement né le 26 septembre 1698, fils de Etienne HUGUET (notaire à Moissat de 1687 à 1734) et de Toinette GUERIN. Il meurt le 30 septembre 1765 à Moissat.

                        La Cour des Aydes, sous l’Ancien Régime, était une juridiction qui exerçait ses compétences dans le domaine fiscal. Entre autres elle participait à la répartition de la taille, l’impôt le plus lourd de nos ancêtres et jugeait de la validité des titres de noblesse et des privilèges fiscaux qui en découlaient. Lors de la visite de Montferrand, André COLIN nous a montré un bâtiment où siégeait la Cour des Aydes.

                        Le curé Pierre ROUX  et son vicaire Jean François HUGUET signent séparément ou conjointement les actes de catholicité de cette période. Pierre ROUX mourut le 8 juillet 1785, à l’âge de 82 ans. Il fut enterré « au bas du sanctuaire », précise l’acte de sépulture.

                        Le vicaire Jean François HUGUET et le luminier Joseph HUGUET portent un patronyme courant à Moissat à cette époque. Plusieurs homonymes peuvent être cités. Quant à CHALARD, sans préciser le prénom, c’est encore plus difficile à préciser.

                        Les luminiers (à l’origine les personnes responsables des lumières de l’église) étaient des laïcs chargés de gérer les biens des églises au sein des associations qu’on appelait « Fabriques ».

                        Selon P F Aleil la décoration de cette cloche montre que le fondeur était Seurot. La famille Seurot est originaire de Bassigny dans le département de la Haute Marne. Cette région a une très ancienne et très prolifique tradition de fonte de cloches. Dès le début du XVIIème siècle des membres de cette famille s’installèrent à Brioude, à Javaugues (Hte Loire) et à Clermont pour former une dynastie de fondeurs jusqu’au début du XIXème siècle.

 

                        3- en 1645 la cloche moyenne de Moissat-Haut, d’un diamètre de 0,88 m qui porte l’inscription suivante :

            - + SIT NOMEN DOMINI IHS BENEDICTUM + N + (bénit soit le nom de nom du Christ) BERGER ESCUIER Sr DE CHEVRAIS COer DU ROY + / LIEUTENANT Per Cel ASSeur CIVIL EN LA Sce ET SIEGE PRal A MOLINS + ET DAelle CADUBUISSON + / M’ONT NOMMEE CATHERINE + 1645 + (je tente la transcription suivante, compte tenu que les abréviations « Per Cel ASSeur » m’échappent : BERGER écuyer Sieur de CHEVRAIS, Conseiller du Roi, lieutenant « Per Cel ASSeur » civil en la Sénéchaussée et siège présidial à Moulins et Damoiselle CADUBUISSON. M’ont nommée Catherine 1645)

E + S            I + E  (ces lettres sont peut-être les initiales des fondeurs qu’on ne peut identifier à l’heure actuelle)

                        On ne peut donner de compléments sur les parrain et marraine de cette cloche, les registres de catholicité de Moissat qui nous sont parvenus, ne remontent pas aussi loin dans le temps.

                        Cette cloche est bien antérieure à la construction du clocher de Moissat-Haut, terminé en 1843. Etait-elle installée auparavant dans la chapelle St Jean ? Ou alors provient-elle de l’ancienne église d’Espezin ?

 

                        4- en 1467 la petite cloche de Moissat-Bas, d’un diamètre de 0,53 m, qui porte l’inscription en lettres gothiques :

            - MALVATOR MUNDI SALVA NOS L’A MCCCCLXVII

                                                                                                          III

                        Le fondeur n’est malheureusement pas identifié.

                        D’après P F Aleil il y a une erreur sur le premier mot « MALVATOR ». Ce devrait être « SALVATOR ». Une autre curiosité interpelle : c’est le chiffre « III » rajouté sous le « II » à la fin de la date en chiffres romains. Cela montre que la coulée de cette cloche s’est produite avec quelques péripéties. La préparation du moule s’est bien réalisée en 1467 (traduction de MCCCCLXVII), mais la fonte s’est réellement faite l’année suivante. Entre les deux on a gravé à la hâte la modification de l’année. On peut épiloguer longtemps sur les raisons de cette modification. Est-ce dû au gel en fin d’année 1467, ou à une épidémie ? D’autres raisons sont imaginables. Mais cela peut être dû à un problème qu’on rencontre encore aujourd’hui, le retard dans le déblocage des crédits !

                        De toute façon cette inscription veut dire : Sauveur du monde sauve nous, l’an 1467 (ou 8). A la vue de cette date on peut dire que cette cloche est une des plus anciennes du département du Puy-de-Dôme.

                        Elle fut classée Monument Historique le 20 octobre 1913.           

                                                                                                            MJ



29/03/2014
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